« EXPOSÉ » à l’Espace Solidor

« EXPOSÉ » à l’Espace Solidor

L’expo incontournable de mes vacances, à chaque fois que je rentre chez mes parents, c’est celle de l’Espace Solidor, à Cagnes-sur-Mer et plus précisément au Haut-de-Cagnes, sur la place du Château.

L’espace Solidor est un espace d’exposition uniquement consacré aux bijoux contemporains. Il a permis à la ville d’obtenir le label « ville et métier d’art » en 1995. La ville a même obtenu une renommée internationale grâce à son engagement consacré à cet art.

Cette 20ème exposition, s’est penchée sur l’art de montrer le bijou contemporain. Mandaté par le Sénateur-Maire Louis Nègre, Benjamin Lignel* a tourné sa réflexion autour du métier de « Commissaire d’exposition » en demandant à 8 artistes (dont 3 font partie du même collectif) d’imaginer leurs propres expositions. Cette synergie des visions à permis de réunir 40 artistes internationaux dont certains ce sont intéressés au domaine du bijou pour la première fois dans le cadre de cette exposition.

Certaines des démarches présentées n’ont d’ailleurs aucun objet à montrer. Par exemple, Lilian Mattuschka* a demandé aux créateurs qu’elle a sélectionnés de nous raconter l’un de leurs bijoux. Le visiteur prend ici une part active dans la représentation mentale du bijou.

Pour plus de détails, et découvrir la démarche de chaque artiste (commissaire ou exposant) je vous invite à visiter l’exposition qui se tient à Cagnes jusqu’au 17 septembre ou à consulter le site dédié.

Je vous laisse en images pendant que je retourne préparer le shooting de dimanche prochain !

Giulia

 

Fairy - Maud Traon (Commissaire Larissa Cluzet)
Fairy – Maud Traon (Commissaire Larissa Cluzet)
Sione Monu - Ana et Dominic (Commissaire Kristin d'Agostino)
Sione Monu – Ana et Dominic (Commissaire Kristin d’Agostino)
De gauche à droite Isabelle Enders, Zoe Brand, Jing He et Suska Mackert (Commissaires Ann Kathrin Hartel, Susanne Schwarz et Nadja Sololiev)
De gauche à droite Isabelle Enders, Zoe Brand, Jing He et Suska Mackert (Commissaires Ann Kathrin Hartel, Susanne Schwarz et Nadja Sololiev)

 

 

 

* Benjamin Lignel est historien d’art et designer de formation. Co-fondateur de la garantie, association pour le bijou il a également été rédacteur en chef du magazine Art Jewelry Forum de 2013 à 2016. Récemment, il a contribué à l’exposition Medusa, Bijoux et Tabous en tant que conseiller scientifique.

* Lilian Mattuscka est une créatrice de bijou contemporain né en Autriche et aujourd’hui installée à Florence en Italie, titulaire d’un bachelor et d’un master en Bijou Contemporain et Ornements Corporels obtenus à Alchimia (Florence), école de bijouterie contemporaine.

Sculpture sur cire

Sculpture sur cire

Cela fait très longtemps que je voulais vous écrire un article sur le travail de la cire et c’est enfin chose faite. La cire, c’est vraiment la technique que je préfère, mais pour avoir discuté du sujet avec des néophytes il m’est apparu que le sujet avait besoin d’éclaircissement. Voici par exemple les remarques que j’entends le plus souvent :

« Et donc après tu recouvres la cire de métal ? »

« Ah bon tu ne peux pas la réutiliser ? » (la maquette en cire, ndlr)

La fonte à cire perdue

Je vous en parlais un peu déjà dans l’article sur les Renaissantes mais je vais ici revenir plus en détails sur la technique. Le point important est donc son caractère éphémère. Une cire (ou maquette) est forcément à usage unique. Le processus de transformation s’appelle d’ailleurs fonte à cire perdue. Tout est dans le nom et je vais tâcher de vous en expliquer les étapes (faites marcher votre imagination !).

Pour optimiser le rendement du processus, différentes maquettes sont fixées sur un axe en cire comme des branches sont reliées à un tronc. Un moule en plâtre est ensuite coulé autour de cet « arbre » qui peut regrouper quelques dizaines de maquettes en même temps. Lorsque le plâtre est solidifié, il est chauffé de façon à faire fondre la cire emprisonnée. La cire est alors dite perdue (cqfd). L’espace ainsi libéré au cœur du moule est ensuite rempli de métal en fusion. Une fois que le métal s’est solidifié et refroidi, le moule en plâtre peut être cassé afin de libérer les pièces ainsi transformées. Les pièces sont coupées du tronc central et on peut alors passer au rattrapage de fonte par différents traitements de surface pour obtenir le résultat souhaité.

La fonte est un processus très spécifique et un métier à part entière, même si certains ateliers réalisent eux même les leurs. Je fais, pour ma part, appel à un artisan parisien.

Les pièces obtenues sont donc uniques mais on peut également choisir de faire faire un moule en caoutchouc grâce à ces premiers prototypes en métal afin de réaliser ensuite des pièces en petites ou grandes séries. Ces moules permettent de fabriquer des modèles dans une cire à injecter, spécifique à cet usage, et qui vont ensuite suivre le même processus de fonte que je viens de vous décrire.

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Moules de la bague Flora et du pendentif Bestiaire Imaginaire

On peut aussi choisir de faire réaliser les cires en CAO (Conception Assistée par Ordinateur) pour une impression des cires en 3D. Le processus de transformation sera, quant à lui, toujours le même.

Sculpter la cire

C’est une technique plus douce que le travail direct du métal. Elle se rapproche beaucoup plus de la sculpture mais l’avantage c’est qu’on a quand même le droit de se tromper. Les outils vont de la lime au scalpel en passant par différents types de spatules ou encore des stylos à grapper (j’apprends ce terme technique en même temps que vous, c’est un stylo chauffant qui permet notamment de faire des retouches ou de souder 2 éléments).

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Spatules et scalpel
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Différents types de stylos à grapper

La cire verte est la plus commune dans le métier. Il en existe de différentes couleurs et chacune a ses propriétés comme la cire bleue, beaucoup plus souple. On trouve aussi de la cire vendue en granulé ou paillettes qui s’utilise pour l’impression 3D ou pour réaliser des pièces à partir de moules. La cire verte est celle que j’utilise pour mes créations. Elle est vendue sous différentes formes : plaques, blocs, tubes ou encore en forme de U pour les bracelets.

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De gauche à droite : cire en tube pour bague, bloc de cire, cire en U pour bracelet, plaques de cire et tube à chevalière.

Récemment à la boutique j’ai travaillé sur les prototypes du printemps/été 2018. Voici en partie les étapes de sculpture des pièces dont la construction de base, comme à mon habitude, est très géométrique…

 

Le travail de la cire fait, selon moi, beaucoup plus appel à l’imagination et la représentation mentale des objets que l’on souhaite créer. Pour une pièce parfaitement symétrique il existe des techniques précises pour représenter les axes de sculpture de la cire. Je préfère autant que possible, laisser faire mon imagination…

J’espère que cet aperçu vous aura plu et n’hésitez pas à poser vos questions en commentaire ! Je vous invite également à retrouver l’ensemble des collections sur le site de Desidero et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures…

Giulia