#FLASHBACK : mes premières créations

#FLASHBACK : mes premières créations

En écrivant l’article sur l’entretien express de bijoux pendant les vacances, j’ai pensé qu’il était temps de vous présenter mes toutes premières créations. Pas celles de Desidero mais celles que je me suis fabriquées alors que j’étais encore apprentie.

Elles m’ont permis de faire mes armes, sont très fidèles aux styles qui m’inspirent, et ont été créées à partir de maquette en cire, qui, comme vous le savez maintenant, est le mode de fabrication que je préfère.

J’ai fait mon apprentissage chez un joaillier indépendant qui faisait énormément de réparation de bijoux et d’objets anciens. C’est en travaillant à ses côtés que j’ai appris à ne pas me laisser freiner par mes outils, il faut parfois savoir les réinventer pour les adapter à nos besoins. Et c’est de ces années d’apprentissage que j’ai développé une passion pour les étuis à cigarettes anciens. Qui s’étend parfois aux minaudières et autres poudriers. J’aurais d’ailleurs tendance à les collectionner, mais de ça je vous en parlerai une autre fois.

Et j’ai eu aussi la chance qu’il me laisse parfois me plonger dans des projets personnels. Il en ressort une belle collection de pièces que je n’ai pas portées depuis longtemps mais que je chéris malgré tout particulièrement. Je ne les ai pas repolies depuis leur fabrication et elles portent d’ailleurs les marques indiscutables qui montrent que je les ai beaucoup portées à cette époque.

Desidero Paris Blog - Flashback - Mes bagues 1

Desidero Paris Blog - Flashback - Mes bagues 2

 

Commençons par cette superbe bague boule repercée !! Ce fut ma toute première création !! Séquence émotion, elle a été ma première, ma fierté, et je mesure aujourd’hui, alors que je vous écris, le chemin parcouru, notamment d’un point de vue artistique…

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague boule repercée 2

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague boule repercée

J’ai ensuite changé de registre pour une bague sans volume mais toujours avec cet effet de jour à travers. Maintenant que je les étudie dans leur ensemble, je vois à quelle point le repercé a été omniprésent dans mes créations d’apprentie. Pas moins de 7 pièces sur 10 en témoignent.

Desidero Paris Blog - Bague repercée

A partir de là, je me perds un peu dans l’ordre chronologique mais il y a ensuite eu cette ensemble collier et bague. Il me semble que j’ai d’abord créé le collier, mais à force de le poser sur ma main j’ai eu envie ensuite d’en faire une bague. Ce motif de ciel est directement inspiré des dessins que je faisais enfant, avec le soleil immanquablement dans le coin supérieur gauche de la feuille (vous aussi ça vous rappelle quelque chose, hein ?!).

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague paysage

Desidero Paris Blog - Flashback - Collier paysage

On commence ensuite à repérer le début de ma période Art Déco avec d’abord cette bague aux perspectives bien marquées avec ses marches d’escalier. L’ouverture du corps de bague sur les côtés m’a permis de l’alléger considérablement, tout en gardant une base solide.

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague Escalier 1

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague Escalier 2

Ensuite, et c’est probablement ma préférée, il y a cette bague au profil ultra géométrique. Je l’ai pourtant moins portée que les autres car elle est légèrement déséquilibrée en terme de poids, bien que la partie cylindrique soit vide, et cet effet était renforcé par le fait qu’elle soit un peu trop grande pour moi (problème qui n’est plus aujourd’hui, je vais pouvoir la reporter avec joie !). C’est probablement la bague qui a demandé le plus de prouesses techniques pour la jeune apprentie que j’étais. En effet, elle a été réalisée à partir de 2 pièces, la bague proprement dite d’une part et le cylindre du dessus d’autre part. Ces 2 parties ont été soudées après la fonte puis le cylindre a été bouché à ses extrémités. 

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague cylindre 1

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague cylindre 2

Et puis il y a aussi cette petite bague qui a une chouette histoire. Je vous racontais plus haut que mon maître d’apprentissage faisait beaucoup de réparation d’objet ancien. Cette bague est la reproduction, agrandie, d’une pièce d’un nécessaire à couture ancien que nous avions eu en réparation. J’ai eu à fabriquer cette pièce qui était manquante dans le nécessaire (si je me rappelle bien) et elle m’a tellement plu que je m’en suis finalement faite une. Et c’est aussi la première pièce que l’on m’a ensuite commandée pour un cadeau (la première pierre était posée) !!

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague couture.JPG

La dernière bague que j’ai à vous présenter c’est mon coquillage. Je l’aime beaucoup mais il m’a donné pas mal de fil à retordre ! En effet la cire était particulièrement fragile et le rattrapage de fonte pas évident du tout. Mais il laisse deviner mon besoin de sortir du cadre géométrique dans lequel je pourrais avoir tendance à m’enfermer dans mes créations.

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague coquillage 1

Desidero Paris Blog - Flashback - Bague coquillage 2

 

Le grand chapitre des bagues est terminé, et il me reste encore 1 pièce à vous montrer. Je passerai sur ma manchette d’amour que vous avez déjà pu découvrir sous toutes les coutures dans cet article pour vous présenter mon collier plastron. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il a été fait à partir d’une cire et non d’une découpe de plaque. Cette forme correspond en fait au profil de la cire pour bracelet utilisée pour cette fameuse manchette (les détails, là aussi, sont dans l’article dont je vous met le lien plus haut).

Desidero Paris Blog - Flashback - Plastron.JPG

Je ne l’ai pas porté depuis longtemps, mais sachez qu’il s’adapte très bien en toutes circonstances. Nul besoin de le garder pour les « grandes occasions », il a la taille parfaite pour être porté tous les jours, tout en apportant la juste touche d’excentricité pour vos tenues de fête. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il a un petit frère, un exemplaire similaire est en effet disponible à la boutique et sur le site (lien vers mon Jardin Français) !! 

C’est ici que s’achève la présentation de ma petite collection personnelle. Ces pièces d’avant Desidero me sont chères, elles sont les premiers témoins de l’aventure que je vis depuis bientôt 7 ans dans le monde de la bijouterie. Et quelle aventure !! Dans quelques semaines je vous présenterai la collection Automne-Hiver 2017, nous venons de shooter le Printemps-Été 2018 (que j’ai hâte de vous montrer en entier !) et j’ai déjà en tête les 2 saisons suivantes !!! A très vite donc, pour la suite de l’aventure…

To be continued !

Giulia

Mon Bestiaire Imaginaire

Mon Bestiaire Imaginaire

La collection Bestiaire Imaginaire fait partie des pièces soldées cet été (-40% en ce moment, je vous dis ça comme ça, sans pression…) mais je me devais de vous en faire un article malgré tout avant qu’elle ne rejoigne complètement les archives de Desidero.

« C’est la première collection où je reconnais vraiment ton style ! »

C’est à peu près avec ces mots qu’une de mes amies a qualifié cette collection lorsqu’elle est sortie au printemps 2016 (je vous raconte pas le bonheur dans mon cœur à ce moment là). Dans la lignée des pièces fortes initiée par Les Renaissantes, la saison précédente, j’ai créé cette collection en revenant à la cire et à mes fondamentaux, c’est à dire de la façon la plus géométrique possible. Si vous pouviez voir mes croquis, rien dans son équilibre n’a été laissé au hasard. Tout est affaire de chiffre, de calcul et de proportion.

Et pourtant, 3 visions différentes ressortes aux regards du public. Là où j’y vois une petite bête qui pourrait se déployer ou au contraire se recroqueviller, certain y voit un kimono ou encore un jeu compliqué de rubans. Mais c’est justement là toute la magie du bijou, que chacun puisse y voir ce qui le touche. Et vous, qu’est ce que ces pièces vous évoquent ?

Je vous laisse avec les photos de la collection réalisée par Amélie et shootée dans le café de la jolie boutique Madeleine & Gustave de la rue Yves Toudic (Paris 10) !

(Maquillage : Blush&Crush)

La semaine prochaine, promis, je vous parle de Prague !!

Giulia

Desidero - PE 2016 - Collection Bestiaire Imaginaire 1Desidero - PE 2016 - Collection Bestiaire Imaginaire 2Desidero - PE 2016 - Collection Bestiaire Imaginaire 3Desidero - PE 2016 - Collection Bestiaire Imaginaire 4Desidero - PE 2016 - Collection Bestiaire Imaginaire 5Desidero - PE 2016 - Collection Bestiaire Imaginaire 6

 

Bijou fétiche

Bijou fétiche

Je sais qu’on ne se connaît pas encore beaucoup mais justement, brisons la glace ! Aujourd’hui j’ai une question pour vous :

Quel est votre bijou fétiche ?

Celui que vous chérissez plus que les autres. Celui que vous portez tous les jours sans exception, ou au contraire que vous garder précieusement pour les grandes occasions ? Celui qui vous suit depuis plusieurs années ou que vous portez depuis peu ? Vous aurez toutes une histoire différente à raconter à ce sujet mais je parierais sans crainte que pour la majorité d’entre vous ce bijou a une valeur sentimentale très importante, peut-être même supérieure, à vos yeux, à sa valeur intrinsèque.

J’aimerais lire vos histoires de bijou donc n’hésitez pas à me les laisser en commentaires ! Et en attendant je vais vous raconter la mienne.

À l’époque où j’étais en CAP bijouterie, une de mes amies portait une manchette à son poignet. Ça lui faisait un joli poignet, avec une allure à la fois chic et décontractée, sans effort. Je cherchais vaguement à m’en trouver une sans avoir jamais de coup de cœur. Dans le commerce je les trouvais souvent trop grandes pour mes petits poignets. Une idée s’est donc imposée, celle de la réaliser moi-même. J’ai eu la chance d’avoir un maître d’apprentissage à l’époque qui me laissait expérimenter des choses de mon côté, guidée évidemment par ses précieux conseils.

Je me suis donc lancée dans la fabrication d’une manchette sur-mesure à partir d’une maquette en cire !! (Tient de la cire, comme c’est étonnant…)

Comme vous l’aurez peut-être lu dans mon article sur la sculpture de la cire, il existe une cire spéciale pour bracelet, vendue soit en tube soit en demi-tube et j’ai opté pour cette dernière option.

  • Il a d’abord fallu couper 2 morceaux un peu plus larges que la taille souhaitée puis les souder grâce au stylo à grapper, avant d’enlever une grosse partie de l’épaisseur superflue.
  • Venait ensuite l’étape du dessin. J’avais une vague idée du résultat souhaité et j’ai dessiné à main levée le motif que je voulais. On peut dessiner au marqueur sur la cire puis la gratter délicatement pour faire des corrections jusqu’à obtenir le motif parfait.
  • C’est alors que peut démarrer le travail de sculpture pour sublimer le dessin et en faire émerger l’objet.
  • Puis ensuite la fonte, la reprise de fonte, et enfin le polissage.

Malheureusement à l’époque je n’ai pas trouvé utile de documenter la réalisation de ce bracelet. Mais au début de Desidero, j’en ai réalisé un deuxième, dans le même esprit pour un concours. La manchette Fairy River est d’ailleurs toujours en vente à la boutique et c’est une pièce que je peux également refaire sur-mesure. Bref, ce sont donc ces photos là que je vous présente en exclusivité, pour comprendre les différentes étapes que je viens de vous décrire.

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Desidero Le Blog 96 - Manchette Fairy River

 

Pour en revenir à ma propre manchette, elle est comme greffée à mon bras. Sans elle je me sens littéralement à poil. Elle fait un certain poids (127grs !!) mais passés les premiers jours, je ne la sentais déjà plus à mon poignet. C’est plutôt par son absence qu’elle finit par se fait remarquer si j’oublie de la porter (ou si je l’oublie quelque part… true story…). Elle ne m’a pas été offerte, mais c’est plutôt le fait de l’avoir réalisée moi-même qui lui donne toute sa valeur à mes yeux. Et puis elle est devenue mon bijou emblématique. J’ai porté beaucoup de mes créations depuis le début de cette aventure bijoutière mais elle est la seule à ne pas avoir été remplacée. Et je reçois souvent de très gentils compliments pour elle. Elle ne dit rien et ne rougit pas mais ça je le fais probablement pour elle…

Pour lui rendre un bel hommage j’ai profité de mon dernier séjour dans le Sud de la France et en Italie pour lui faire un vrai shooting. Je vous laisse donc avec ces photos et vous dit à bientôt pour plus de découvertes ! Et j’attends vos histoires de bijoux avec impatience !!

Giulia

 

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Sculpture sur cire

Sculpture sur cire

Cela fait très longtemps que je voulais vous écrire un article sur le travail de la cire et c’est enfin chose faite. La cire, c’est vraiment la technique que je préfère, mais pour avoir discuté du sujet avec des néophytes il m’est apparu que le sujet avait besoin d’éclaircissement. Voici par exemple les remarques que j’entends le plus souvent :

« Et donc après tu recouvres la cire de métal ? »

« Ah bon tu ne peux pas la réutiliser ? » (la maquette en cire, ndlr)

La fonte à cire perdue

Je vous en parlais un peu déjà dans l’article sur les Renaissantes mais je vais ici revenir plus en détails sur la technique. Le point important est donc son caractère éphémère. Une cire (ou maquette) est forcément à usage unique. Le processus de transformation s’appelle d’ailleurs fonte à cire perdue. Tout est dans le nom et je vais tâcher de vous en expliquer les étapes (faites marcher votre imagination !).

Pour optimiser le rendement du processus, différentes maquettes sont fixées sur un axe en cire comme des branches sont reliées à un tronc. Un moule en plâtre est ensuite coulé autour de cet « arbre » qui peut regrouper quelques dizaines de maquettes en même temps. Lorsque le plâtre est solidifié, il est chauffé de façon à faire fondre la cire emprisonnée. La cire est alors dite perdue (cqfd). L’espace ainsi libéré au cœur du moule est ensuite rempli de métal en fusion. Une fois que le métal s’est solidifié et refroidi, le moule en plâtre peut être cassé afin de libérer les pièces ainsi transformées. Les pièces sont coupées du tronc central et on peut alors passer au rattrapage de fonte par différents traitements de surface pour obtenir le résultat souhaité.

La fonte est un processus très spécifique et un métier à part entière, même si certains ateliers réalisent eux même les leurs. Je fais, pour ma part, appel à un artisan parisien.

Les pièces obtenues sont donc uniques mais on peut également choisir de faire faire un moule en caoutchouc grâce à ces premiers prototypes en métal afin de réaliser ensuite des pièces en petites ou grandes séries. Ces moules permettent de fabriquer des modèles dans une cire à injecter, spécifique à cet usage, et qui vont ensuite suivre le même processus de fonte que je viens de vous décrire.

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Moules de la bague Flora et du pendentif Bestiaire Imaginaire

On peut aussi choisir de faire réaliser les cires en CAO (Conception Assistée par Ordinateur) pour une impression des cires en 3D. Le processus de transformation sera, quant à lui, toujours le même.

Sculpter la cire

C’est une technique plus douce que le travail direct du métal. Elle se rapproche beaucoup plus de la sculpture mais l’avantage c’est qu’on a quand même le droit de se tromper. Les outils vont de la lime au scalpel en passant par différents types de spatules ou encore des stylos à grapper (j’apprends ce terme technique en même temps que vous, c’est un stylo chauffant qui permet notamment de faire des retouches ou de souder 2 éléments).

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Spatules et scalpel
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Différents types de stylos à grapper

La cire verte est la plus commune dans le métier. Il en existe de différentes couleurs et chacune a ses propriétés comme la cire bleue, beaucoup plus souple. On trouve aussi de la cire vendue en granulé ou paillettes qui s’utilise pour l’impression 3D ou pour réaliser des pièces à partir de moules. La cire verte est celle que j’utilise pour mes créations. Elle est vendue sous différentes formes : plaques, blocs, tubes ou encore en forme de U pour les bracelets.

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De gauche à droite : cire en tube pour bague, bloc de cire, cire en U pour bracelet, plaques de cire et tube à chevalière.

Récemment à la boutique j’ai travaillé sur les prototypes du printemps/été 2018. Voici en partie les étapes de sculpture des pièces dont la construction de base, comme à mon habitude, est très géométrique…

 

Le travail de la cire fait, selon moi, beaucoup plus appel à l’imagination et la représentation mentale des objets que l’on souhaite créer. Pour une pièce parfaitement symétrique il existe des techniques précises pour représenter les axes de sculpture de la cire. Je préfère autant que possible, laisser faire mon imagination…

J’espère que cet aperçu vous aura plu et n’hésitez pas à poser vos questions en commentaire ! Je vous invite également à retrouver l’ensemble des collections sur le site de Desidero et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures…

Giulia