Bijou fétiche

Bijou fétiche

Je sais qu’on ne se connaît pas encore beaucoup mais justement, brisons la glace ! Aujourd’hui j’ai une question pour vous :

Quel est votre bijou fétiche ?

Celui que vous chérissez plus que les autres. Celui que vous portez tous les jours sans exception, ou au contraire que vous garder précieusement pour les grandes occasions ? Celui qui vous suit depuis plusieurs années ou que vous portez depuis peu ? Vous aurez toutes une histoire différente à raconter à ce sujet mais je parierais sans crainte que pour la majorité d’entre vous ce bijou a une valeur sentimentale très importante, peut-être même supérieure, à vos yeux, à sa valeur intrinsèque.

J’aimerais lire vos histoires de bijou donc n’hésitez pas à me les laisser en commentaires ! Et en attendant je vais vous raconter la mienne.

À l’époque où j’étais en CAP bijouterie, une de mes amies portait une manchette à son poignet. Ça lui faisait un joli poignet, avec une allure à la fois chic et décontractée, sans effort. Je cherchais vaguement à m’en trouver une sans avoir jamais de coup de cœur. Dans le commerce je les trouvais souvent trop grandes pour mes petits poignets. Une idée s’est donc imposée, celle de la réaliser moi-même. J’ai eu la chance d’avoir un maître d’apprentissage à l’époque qui me laissait expérimenter des choses de mon côté, guidée évidemment par ses précieux conseils.

Je me suis donc lancée dans la fabrication d’une manchette sur-mesure à partir d’une maquette en cire !! (Tient de la cire, comme c’est étonnant…)

Comme vous l’aurez peut-être lu dans mon article sur la sculpture de la cire, il existe une cire spéciale pour bracelet, vendue soit en tube soit en demi-tube et j’ai opté pour cette dernière option.

  • Il a d’abord fallu couper 2 morceaux un peu plus larges que la taille souhaitée puis les souder grâce au stylo à grapper, avant d’enlever une grosse partie de l’épaisseur superflue.
  • Venait ensuite l’étape du dessin. J’avais une vague idée du résultat souhaité et j’ai dessiné à main levée le motif que je voulais. On peut dessiner au marqueur sur la cire puis la gratter délicatement pour faire des corrections jusqu’à obtenir le motif parfait.
  • C’est alors que peut démarrer le travail de sculpture pour sublimer le dessin et en faire émerger l’objet.
  • Puis ensuite la fonte, la reprise de fonte, et enfin le polissage.

Malheureusement à l’époque je n’ai pas trouvé utile de documenter la réalisation de ce bracelet. Mais au début de Desidero, j’en ai réalisé un deuxième, dans le même esprit pour un concours. La manchette Fairy River est d’ailleurs toujours en vente à la boutique et c’est une pièce que je peux également refaire sur-mesure. Bref, ce sont donc ces photos là que je vous présente en exclusivité, pour comprendre les différentes étapes que je viens de vous décrire.

Desidero Le Blog - Manchettes.JPG

Desidero Le Blog 93 - Cire de manchette.JPG

Desidero Le Blog 96 - Manchette Fairy River

 

Pour en revenir à ma propre manchette, elle est comme greffée à mon bras. Sans elle je me sens littéralement à poil. Elle fait un certain poids (127grs !!) mais passés les premiers jours, je ne la sentais déjà plus à mon poignet. C’est plutôt par son absence qu’elle finit par se fait remarquer si j’oublie de la porter (ou si je l’oublie quelque part… true story…). Elle ne m’a pas été offerte, mais c’est plutôt le fait de l’avoir réalisée moi-même qui lui donne toute sa valeur à mes yeux. Et puis elle est devenue mon bijou emblématique. J’ai porté beaucoup de mes créations depuis le début de cette aventure bijoutière mais elle est la seule à ne pas avoir été remplacée. Et je reçois souvent de très gentils compliments pour elle. Elle ne dit rien et ne rougit pas mais ça je le fais probablement pour elle…

Pour lui rendre un bel hommage j’ai profité de mon dernier séjour dans le Sud de la France et en Italie pour lui faire un vrai shooting. Je vous laisse donc avec ces photos et vous dit à bientôt pour plus de découvertes ! Et j’attends vos histoires de bijoux avec impatience !!

Giulia

 

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Sculpture sur cire

Sculpture sur cire

Cela fait très longtemps que je voulais vous écrire un article sur le travail de la cire et c’est enfin chose faite. La cire, c’est vraiment la technique que je préfère, mais pour avoir discuté du sujet avec des néophytes il m’est apparu que le sujet avait besoin d’éclaircissement. Voici par exemple les remarques que j’entends le plus souvent :

« Et donc après tu recouvres la cire de métal ? »

« Ah bon tu ne peux pas la réutiliser ? » (la maquette en cire, ndlr)

La fonte à cire perdue

Je vous en parlais un peu déjà dans l’article sur les Renaissantes mais je vais ici revenir plus en détails sur la technique. Le point important est donc son caractère éphémère. Une cire (ou maquette) est forcément à usage unique. Le processus de transformation s’appelle d’ailleurs fonte à cire perdue. Tout est dans le nom et je vais tâcher de vous en expliquer les étapes (faites marcher votre imagination !).

Pour optimiser le rendement du processus, différentes maquettes sont fixées sur un axe en cire comme des branches sont reliées à un tronc. Un moule en plâtre est ensuite coulé autour de cet « arbre » qui peut regrouper quelques dizaines de maquettes en même temps. Lorsque le plâtre est solidifié, il est chauffé de façon à faire fondre la cire emprisonnée. La cire est alors dite perdue (cqfd). L’espace ainsi libéré au cœur du moule est ensuite rempli de métal en fusion. Une fois que le métal s’est solidifié et refroidi, le moule en plâtre peut être cassé afin de libérer les pièces ainsi transformées. Les pièces sont coupées du tronc central et on peut alors passer au rattrapage de fonte par différents traitements de surface pour obtenir le résultat souhaité.

La fonte est un processus très spécifique et un métier à part entière, même si certains ateliers réalisent eux même les leurs. Je fais, pour ma part, appel à un artisan parisien.

Les pièces obtenues sont donc uniques mais on peut également choisir de faire faire un moule en caoutchouc grâce à ces premiers prototypes en métal afin de réaliser ensuite des pièces en petites ou grandes séries. Ces moules permettent de fabriquer des modèles dans une cire à injecter, spécifique à cet usage, et qui vont ensuite suivre le même processus de fonte que je viens de vous décrire.

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Moules de la bague Flora et du pendentif Bestiaire Imaginaire

On peut aussi choisir de faire réaliser les cires en CAO (Conception Assistée par Ordinateur) pour une impression des cires en 3D. Le processus de transformation sera, quant à lui, toujours le même.

Sculpter la cire

C’est une technique plus douce que le travail direct du métal. Elle se rapproche beaucoup plus de la sculpture mais l’avantage c’est qu’on a quand même le droit de se tromper. Les outils vont de la lime au scalpel en passant par différents types de spatules ou encore des stylos à grapper (j’apprends ce terme technique en même temps que vous, c’est un stylo chauffant qui permet notamment de faire des retouches ou de souder 2 éléments).

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Spatules et scalpel
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Différents types de stylos à grapper

La cire verte est la plus commune dans le métier. Il en existe de différentes couleurs et chacune a ses propriétés comme la cire bleue, beaucoup plus souple. On trouve aussi de la cire vendue en granulé ou paillettes qui s’utilise pour l’impression 3D ou pour réaliser des pièces à partir de moules. La cire verte est celle que j’utilise pour mes créations. Elle est vendue sous différentes formes : plaques, blocs, tubes ou encore en forme de U pour les bracelets.

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De gauche à droite : cire en tube pour bague, bloc de cire, cire en U pour bracelet, plaques de cire et tube à chevalière.

Récemment à la boutique j’ai travaillé sur les prototypes du printemps/été 2018. Voici en partie les étapes de sculpture des pièces dont la construction de base, comme à mon habitude, est très géométrique…

 

Le travail de la cire fait, selon moi, beaucoup plus appel à l’imagination et la représentation mentale des objets que l’on souhaite créer. Pour une pièce parfaitement symétrique il existe des techniques précises pour représenter les axes de sculpture de la cire. Je préfère autant que possible, laisser faire mon imagination…

J’espère que cet aperçu vous aura plu et n’hésitez pas à poser vos questions en commentaire ! Je vous invite également à retrouver l’ensemble des collections sur le site de Desidero et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures…

Giulia